
Si tant la douleur n'accueille plus les échos
De ma chair qui tressaille, faible, gémit
Si tant ma peur ne coagule pas
Du sang qui perle des yeux de mes organes
Lors ma vie au creux de la cornée de vos coeurs
Peine en son ombre à retrouver son visage
A couper le bois féroce de vos armures
Saisir vos racines à la source
À retourner les yeux au dedans de soi on y retrouve dans les traits de nos corps, à la surface de nos vaines les souvenirs plaqués des êtres, des vies, des lieux
Au seuil de notre conscience olfactive un corps nu, la peau mouillée par l'extérieur, la terre sur laquelle on tombe en larmes l'eau dans laquelle on nage comme si elle devenait le soleil qui se couche et embrasse la mer en s'allongeant
Si tant le blanc devient obstacle aux couleurs
Que du noir je ne sais plus faire pays
Si tant mon lit et ma chaise deviennent repos
Que mes mots ne revêtent plus qu'un masque à ma défense
Lors ma colère ressemblera à un silence aliéné
Ma chambre un abri contre les orages
Lors mon révolte deviendra mon sommeil
Mon cœur un caveau pour mes amours