lundi 16 juin 2008

(aube)

la nuit a été longue mais c’est fini tu sais
il ne reste plus rien
l’âme est tombée légère en fine neige
personne ne se souvient
des gestes ni
de ce qu’il faudrait dire ni même du silence cet imposteur
cet assassin
on a ôté les plats les couverts
et jusqu’au vase avec ses fleurs
personne n’avait faim vois-tu c’est qu’il fallait
du courage pour ne plus se taire

ce matin je comprends
l’aube m’a surpris à écrire de travers
quand les oiseaux ont toujours su
car les oiseaux ne parlent pas de leur vertige
les oiseaux volent en équilibre sur le vertige
ils volent et chantent haut en équilibre sur le vertige
nous avons beaucoup à apprendre crois-moi
des funambules
et je ne veux plus marcher droit
je ne veux plus penser droit
mon bonheur est dans un pas qui trébuche
vers toi


Pierre Archag.

2 commentaires:

Maïka Nepveu a dit…

Et s'il fallait encore laisser le dernier mot aux poètes, ce serait vous qui l'auriez, laurier en tête et en mains... des feux follets c'est dans le ventre qui se ressère que l'on ressent vos vibrations.
Merci, Pierre.

Unknown a dit…

ce matin je comprends
quand les horloges ont toujours su
que l'équilibre des choses entre une aiguille n'est pas une autre façon de détourner l'attention en grève de la faim famine enfin l'âge de pierre des gamins c'est tout de même ton nom qui se répète, et je trébuche moi aussi derrière beaucoup de ses mots tu liras clara ness comme un chemin de croix où le vin descend toujours sur terre comme au ciel c'est la messe (the mess) le bordel de ton poème c'est l'ami né: un cadrage.

ordre cosmique

je voulais dire qu'il y avait beaucoup. derrière tout ça.