mardi 26 août 2008

Amours-feuilles (extraits)

Croque

Sur ta peau rassasiée

J’arrache l’écorce pour écrire ce souvenir

De l’attente de toi

Au pied d’un arbre

Lovée entre les racines

Débordant d’un monceau de terre

Je navigue vers une nébuleuse

Sur le point d’exploser

Il y des chemins bien étranges pour t’atteindre

***

Je te serre contre moi

Dans une marée de chair et de poil

Qui glisse comme de la cire

Et tout autour de nous

Le marais de tes possibles

Visqueux

L’air est brun et vert

Je te serre

Et tu rapetisses

Tu deviens lapin

Et le serpent que je suis

Enroulé à ton œil rouge

T’entraîne au fond de l’eau

***

Retourne

La peau l’écorce

Et les arbres seront blancs

Dévore la pluie qui s’offre à toi

Laisse la lune s’éteindre

Et demande-lui des cerises

***

Rappelle-toi

Les mains liées

Le regard jeté vers toi

J’attends ton amour

Que tu ne me donnes pas

Dans ma tête je caresse ta tête

J’attends toujours

Puis

Sentir tout ton être éperdu de désir

Et dire oui

***

Masse

La foule

Disperse-la selon tes enchantements

Réveille tes cheveux noirs

Tous les signes en éveil

Te montrent

Te rappellent

Le sentier

Du sacrifice de la bête

Nous étions au rivage

Je t’apprenais la parole des

Vagues

Quand la vase a fondu sous nos pieds

Et nous nous sommes retrouvés

Flottants

Au sommet de dix milles pieds

De profondeur


Marie-Paule Grimaldi

1 commentaire:

Unknown a dit…

Ton tes poèmes, suite mythologique, procession. C'est d'abord l'ahurissement : " Laisse la lune d'éteindre/ Et demande-lui des cerises"
c'est aussi une douleur "Enroulé à ton oeil rouge" et tout sur la pointe de pied "Sur le point d'exploser" comme on sait que la douleur de s'assoir sur un clou transcende de loin celle de s'assoir sur plusieurs. La pointe.
J'en redemande - tes poèmes me troublent beaucoup, et je ne sais trop qu'en penser, parce qu'ils me blessent, et surtout qu'ils se meuvent d'eux même.
Je veux en observer d'autres se lever comme des bêtes rôdeuses...

Merci.